Cinq questions au plasticien béninois Ludovic Fadaïro, un des artistes INTERNATIONAUX qui a fait l’honneur aux jeunes à travers l’exposition senior de Ségou’Art 2016. Il parle de sa technique artistique et de son projet d’exposition permanente au profit des jeunes au musée de Bamako.
1) Vous êtes sur Ségou’Art 2016, dites-nous vos impressions quant à l’organisation de ce salon ?
L’initiateur Mamou DAFFÉ et moi sommes de très bons amis depuis des années, il a émis l’idée et nous l’avons renchéri avec d’autres amis. C’est à l’occasion du festival sur le Niger en 2012 que l’idée est venue. Nous avons voulu exploiter convenablement l’espace de la fondation du festival sur le Niger qui est un grand espace et à moitié abandonnée. On s’est dit qu’avec cet espace il peut faire du Mali la capitale de l’art en Afrique de l’ouest et puis en Afrique en général. Je suis heureux de voir que cela s’est accompli.
2) Parlez-nous de votre technique artistique?
J’ai un concept, je suis un homme et je cultive l’homme de l’intérieur jusqu’à l’extérieur dans mes œuvres pour des sujets qui ne sont pas visibles mais qui sont dans l’évidence en permanence au-delà des discours, de la parole, du regard. Là c’est une technique nouvelle, unique : la sculpture du papier. La sculpture du papier c’est didactique et pédagogique. La sculpture du papier dans laquelle on ne voit que deux couleurs. En fait, j’ai ramené toutes les couleurs à deux nuances : le jour et la nuit parce que dans la vie il y a trois couleurs fondamentales le noir, le blanc et le rouge. Le noir qui symbolise la nuit, le blanc qui symbolise le jour et le rouge symbolise le sang qui est universel parce qu’un homme blanc à le sang rouge, un noir a le sang, toutes les couleurs humaines ont le sang rouge donc, le rouge nous lie et rallie. Je travaille avec ces éléments là pour dire ce qui n’est pas mais qui existe.
3) Le jeune artiste Siaka Togola au cours du vernissage de l’exposition de l’atelier Badjalan vous a offert une toile, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
J’ai été touché, ce sont des jeunes avec qui je partage mes expériences, avec qui je travaille dans la vie professionnelle, ce sont des jeunes que je pousse parce qu’on dit souvent ‘’un arbre qui a vécu sans laisser d’arbuste n’a pas vécu ’’. Je crois que l’expérience que j’ai, partout où je vais dans le monde je la partage avec la jeunesse pour une relève de qualité.
4) Quelle sera l’actualité de Fadaïro après Ségou’Art ?
Moi, c’est de la création je vis, sans elle je ne vis pas. Je suis quelqu’un qui cherche et qui ne retrouvera jamais ce que je cherche mais le jour où je trouve c’est que j’ai fini et comme je ne veux pas trouver je ne me sens pas trouveur et donc je continu de chercher afin de partager. Je suis en train de préparer pour le musée de Bamako une exposition où les jeunes peuvent exprimer. Ça sera du 1er novembre 2016 jusqu’à une date inconnue. Tout comme Mamou qui donne beaucoup de place à l’art contemporain.
5) Votre mot de fin
J’encourage les jeunes à persévérer dans l’art. Parce que créer c’est persévérance, courage et audace. Qu’ils sachent que le bonheur est au bout du pinceau.
Par : Jonathan SEWAÏ


