Francel DAGBETO alias ARIS est autodidacte. Il est venu à la peinture par la caricature. Mais son univers s’est immédiatement dirigé vers le monde pictural abstrait lorsqu’il s’est rendu compte que tout être cache sa face réelle au monde. ARIS a donc commencé par exposé en 2004. Il utilise de la peinture à huile ; de l’ocre ; de l’acrylique ; divers matériaux et pigments. A travers ses recherches d’expressions artistiques, ARIS a choisi d’apprendre son art au gré de sa propre évolution, d’acquérir les bases qui lui ont permis d’approfondir la connaissance personnelle de ses œuvres et de parfaire sa technique. La peinture étant pour la majorité des artistes une interprétation matérielle de la vie, ARIS s’inspire principalement de la nature, des racines profondes de la tradition Béninoise, de toutes croyances spirituelles et du monde abstrait au quotidien. Chemin faisant, certaines expériences lui ont permis de s’associer avec un autre artiste ayant les mêmes visions que lui pour servir et permettre l’émergence des talents cachés, et défendre la cause.
Jadis, j’ai mainte fois interrogé en dessinant les parties extérieures du quotidien et les réponses reçus ne m’ont pas convaincu. J’ai pris par les sentiers du figuratif en essayant d’interpréter copie conforme la nature mais je n’ai pas trouvé mon identité car c’est juste une imitation stupide de l’existant. Aujourd’hui j’ai pris la résolution d’explorer la sensibilité des matières qui nous entourent car tout est matière à différents degrés. L’univers étant diversifier, je me suis accroché à son coté instantané ; son côté complètement surprenant. Une manière libre de concevoir l’existant sans pour autant écarté le réel qui reste la fondation qui soutient mon travail et donc entièrement invisible cette fois ci.
Par mon travail, je tente de rassembler toutes mes questionnements au sujet de l’Homme en une projection fantaisiste. Je cache avec des papiers de soie des cartons d’allumette et bout de tissures auxquelles j’ajoute des ficelles pour élaborer le lien entre le corps et l’esprit ensuite J’étale des faces inconnues ; je voile l’expression des visages par des couleurs qui se rencontre par instinct et qui comme une flamme embrase tout le support de ma toile. C’est là précisément que tout se joue.
Je n’ajuste plus de contour pour signifier que la perfection n’est pas de ce monde. Je me laisse allé, je me promène sur la toile et je recherche ma sincérité. Bref je me met à nu. Je ne m’écoute plus. Je laisse la matière me conduire vers le mystère là où les contraintes n’existent pas. L’homme est au centre. Par lui tout se joue. Il est l’échelle qui mène au sommet et par lui tout peut descendre. L’enfance ; l’adolescence et la vieillesse conditionné par des directions et parcours que je me permets d’ajouter graduellement en utilisant des lames de rasoir. Des bouches sont perpétuellement ouvertes pour rappeler que la parole est sacrée. C’est juste une poésie sans les mots. Une poésie inspirée des valeurs ancestrales Africaine.

A. R. M, Correspondant Média BORGOU