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L’ÉTAT D’URGENCE

Une image nous captivait. Et nous ne pouvions en sortir car elle résidait dans notre langage et il semblait ne la répéter que de façon inexorable. Ludwig Wittgenstein En 2012, lors du premier recensement national qui a permis l’édition en 2013 du répertoire des artistes plasticiens et des acteurs des arts visuels du Bénin, lorsqu’on regardait la création yeux pleins sortir dans la rue, se cacher dans les cours mitoyennes, on ressentait cette ébullition qu’Arttistik Afrika,la Fondation Zinsou, l’Institut culturel français, Kulturforum Nord-Sud, MAVA (le Musée de la Vie Active), la Médiathèque des diasporas, Abap, Elowa, Fagplag, Ouadada et d’autres associations culturelles ont accompagnée. Que deux biennales Regard Bénin, les premières Portes ouvertes des ateliers d’artistes,Waba, le Centre Unik, l’Espace Tchif, les échanges avec l’ESA Clermont Ferrand, ainsi que le nouveau département des arts de l’INMAAC, le Centre culturel chinois, la collaboration des artistes avec la dilettante, ont entretenue. Elle s’est prolongée dans le projet curatorial de la Galerie Vallois et la création du Centre à Lobozounkpa en 2015, de Cotonou Creative, dans les résidences à ENSA Dijon et la préfiguration en 2016 à Porto Novo d’une école d’art alternative, l’école de Hogbonu, dans l’ouverture vers l’Afrique de Fresnoy,le studio d’art contemporain de Tourcoing, dans le partenariat entre l’Université d’Abomey Calavi et l’Université de Cergy Pontoise. Ce répertoire, fruit du recensement de 2020, intègre 267 artistes dont 34 femmes et 64 autres en liste. Autodidactes, ou intégrant l’institut de formation en art du pays ou des écoles, certaines prestigieuses à l’étranger, coura-geuses, ces femmes artistes explorent des formes nouvelles, relèvent leur place dans la société, par la peinture, la photo-graphie,la performance, la vidéo, elles initient et dirigent des structures, s’interrogent, interrogent, cernent,montrent, devinent les lieux et les mythes d’où elles extraient leur substance.La société, les conditionnements, les préjugés,l’idée d’une mission dont serait investie la femme,la maternité, la vie domestique rend ce chemin complexe et épineux, l’ouverture n’est toujours pas là… mais elle se laisse présager. Femmes, hommes, les artistes se forment en continu, avec leurs pairs en ateliers, dans des écoles, échanges et résidences, ont des métiers qui les ressourcent, ils continuent heureusement aussi d’être autodidactes. Le passé du continent, du pays, heurte toujours mais ils se concentrent sur l’avenir, redessinent leur environnement. Ils cherchent à définir leur travail, le nommer, à peaufiner leurs intentions, leur démarche et quitte à rompre avec le confort des habitudes, ils cherchent à le comprendre, le renouvellent, changent de médiums, les mixent aussi sans hésiter. Les artistes lisent Franz Fanon, Joseph Beuys, Jean Dubuffet, Cheikh Anta Diop, Paul Eluard, Bigara Diop, admirent Picasso, Basquiat, Keith Harring, Andy Warhol, les premiers sculpteurs du Bénin, la reine Tassi Hangbé, les Mino (les Amazones), Sankara, Mandela, Wole Soyinka, ils se sont formés auprès des maîtres béninois, Joseph Kpobly, Fadairo, Magou, avec Zinkpé, Charly d’Almeida… Certains parmi eux écrivent, font du slam, sont musiciens. Le vodun, immuable, armature pour les constructions de l’imaginaire, si ancré dans la réalité, définit souvent le rapport à l’univers sensible, donne les outils de compréhension, parcourt comme une veine le corps social dont l’artiste prend l’empreinte lui y compris car miroir, devin ou oracle, il est partie nécessaire de ce corps. Les masques, toujours présents, sont déclinés en bois, papier mâché, en plastique ou caoutchouc, de récupération, Egungun, Zangbeto, Gélédé, sont transposés parfois en peinture. Leur fonction de protéger l’homme, d’apaiser les tensions dans la communauté et garder sa cohésion passe aussi par la protection de l’environnement, des masques deviennent écologiques. La sculpture du bois mais aussi du fer, soudé, tordu, en fil de fer, plié, tressé, en plastique, cannettes, matériaux de récupéra-tion, qu’on brûle, habille, cloute, scarifie, tatoue, voile et dévoile, où les matières se croisent, disent les liens, les addictions, transmettent une esthétique et un sens, celui d’un monde encore présent au monde encore en devenir. La peinture ? Terre, pigments, couleurs, collages, un figuratif qui se cherche, se recompose au fil des matières, des motifs, des symboles, quelques fois aussi abstraites, uniquement partitions de couleurs. Le dessin présent sur les toiles revient aussi en portraits au fusain, avec les doodles, en illustrations, en graphisme, au stylo, au bic, il complète des cahiers d’écolier, recrée des utopies urbaines, enchaîne des métamorphoses en série. La représentation du corps, le nu caché le plus souvent dans des esquisses timides, peu présent dans la peinture, surgit dans le body painting, se prolonge dans la photographie. Le corps féminin est surréprésenté mais quelques corps d’hommes font une apparition pas si discrète. L’intime se met à nu aussi, rarement, mais lorsqu’il se livre il le fait courageusement, sans fausse pudeur. La photo est matière, fait corps avec les murs, avec la terre, prend les cultes comme rempart pour la vulnérabilité. Mise en scène, documentaire, reportage, elle est retravaillée, on rajoute des couleurs, on colorie pour sublimer, pour protéger, on utilise le noir et blanc pour troubler. Récit, elle retient les rituels anciens, fixe les contemporains, est outil de comparaison, de transmission. Retient la mémoire, les gestes perdus, les quotidiens, s’active, implique le public, est matériau pour des collages, témoin d’une époque, d’une ville sur des tirages anciens, installe un héritage. Les installations puisent dans les archétypes, relèvent les tares, désignent les nouveaux idoles, donnent des outils pour repenser la société, sortes d’instances qui analysent, qui questionnent les rituels, la politique, laissant le soin du verdict au public. Les artistes se font ethnographes, ethnologues, anthropologues, sociologues, ils interrogent le langage, s’inspirent des contes, réinterprètent l’histoire. Interrogent colonialisme, post-colonialisme, l’altérité, les traces et les empreintes, les rapports de force, les clichés d’ici et d’ailleurs, les traces de domination, ici et ailleurs.

 

La performance dénonce la violence, envers les femmes, celle qui dégrade l’environnement, la
politique, la corruption, efface les noms attachés au pouvoir, elle est aussi outil de revalorisation des
savoirs ancestraux remplacés par les industries, valorisation d’anciennes traditions, reconstitution de coutumes, de costumes, quête d’identité. Les métiers d’art des vieilles traditions de cour dahoméens, tenture, bas-reliefs, récades inspirent, ils sont revisités par la pop art, par le numérique, réinventés….
Engagés, des artistes interviennent dans les prisons, organisent des ateliers de peinture,des atelierscontes, créent des centres d’activités pour les enfants et pour les vulnérables. L’art comme thérapie.
Ils sont leurs propres agents,galeristes,créateurs d’événements. Enseignants,défricheurs, dénicheurs de talents.
L’intérêt du public est essentiel. Des artistes circulent, leurs créations voyagent, l’art contemporain du Bénin acquiert de plus en plus une reconnaissance. Il est présent aux biennales, Johannesburg, La Havane, Sao Paolo, Shanghai, Venise, dans les foires, Londres,
1-54, Paris Art Fair, la FIAC, AKAA à Paris, Montresso à Marrakech, dans des musées au Brésil, aux Etats Unis, en Allemagne, au Japon et encore… Des galeries sur 4 continents, trop nombreuses à citer.
Certes, les techniques et les intentions de certains sont encore incertaines et puis, être artiste, comme partout, reste une économie alternative. Les ateliers
de travail sont rares comme les voyages à l’extérieur du continent, les visas ne sont pas toujours accordés,les financements culturels, comme partout, sont maigres. Les matériaux sont chers, les disparités
avec les pays du Nord surtout en ce qui concerne les nouvelles technologies, les arts numériques, restent importantes, la condition d’artiste n’est pas une sinécure… Il reste à réfléchir sur le marché de l’art sur les économies alternatives de l’artiste qui ne l’assujettissent pas à la demande du marché, sur une manière responsable de créer, sans rajouter des objets au monde mais pourquoi pas lui enlever, dans un geste peut être dérisoire mais symbolique, à privilégier l’intervention directe, les actions, impliquer la population sans en faire un public… Sur l’écriture
d’une histoire de l’art de l’Afrique qui fixe ses propres codes. Sur des médiathèques d’art, sur une pédagogie alternative.
… Je pense à Piero Manzoni qui en 1960 publiait son texte Libera dimensione : Il ne s’agit pas de façonner les choses, ni d’articuler des messages, car en fin de compte, chaque discipline porte en elle les éléments de sa solution… L’expression, la fantaisie et l’abstraction, des fictions vides… Il n’y a rien à dire : il n’y a qu’à être et qu’à vivre.
Dans la multitude d’œuvres qui n’en sont évidemment pas toutes – c’est une empreinte du paysage visuel global actuel qu’on a voulu relever -, on note quelques apparitions étonnantes, un travail novateur, abouti, sensible, qualités qui ne sont pas toujours accompagnées d’une démarche clairement formulée, des personnalités qui s’affirment par des démarches élaborées, auxquelles le travail a du mal à emboîter les pas. Leur fusion lève un frémissement.
Cette urgence d’être, de saisir, qui comme une aura marque la présence de l’artiste je l’ai appelée l’état d’urgence. Frémissement devant quelques phrases maladroites qui expriment en peu de mots les années d’apprentissage, de travail, de devenir soi, d’un artiste-artisan qui vit loin des villes, dans une campagne certainement verte et belle où la vie n’estcertainement pas vraiment facile, qui vit son temps imparti en faisant ce qu’il sait si bien faire et participe par un travail nécessaire de la vie spirituelle de sa communauté. Etat d’urgence quand, interdit de créer, l’enfant qui percevait le ciel comme un mystérieux montage de couleurs se consacre quarante années après à monter un univers de toutes pièces. La conception graphique appartient tout comme
la précédente à Sarah Dugrip, qui se jouant des contraintes d’espace, a relevé et transposé avec habileté le travail des artistes avec la collaboration précieuse,incontournable, de Bernadine Eclou qui a fourni un travail long et patient, dans cet ouvrage qui dense et représentatif, reste simple à feuilleter.
La traduction en anglais d’Eugen Sergiu Mîrza, fruit d’un travail fin et minutieux, s’est appuyée sur la contribution allègre d’Ilinca Lou Badoi. La relecture attentive, nécessaire revient à Jacques Malgorn.Nous les remercions.
Une centaine de jours avec les artistes du Bénin, à redécouvrir et découvrir leur travail, au fil de leur intentions, à deviner leurs voix, à imaginer leurs contraintes, à les accompagner dans les lieux où ils ont grandi ou rêvé, à apprendre parfois le nombre de leurs enfants, le mythe d’origine de leurs premiers dessins…
Un compatriote cher à mon cœur, Constantin Brâncusi disait : Ce qui a vraiment un sens dans l’art, c’est la joie. Vous n’avez pas besoin de comprendre. Ce que vous voyez vous rend heureux ? Tout est là.Je n’ai pas toujours compris, j’ai eu la joie.

Fabiola Badoi
la dilettante, initiatrice de l’école de Hogbonu à
Porto-Novo, Bénin. Roumaine, elle vit et travaille à Paris.

L’ÉTAT D’URGENCE

We were captivated by an image. And we couldn’t get out of it because it resided in our language and it seemed to repeat it only inexorably. Ludwig Wittgenstein In 2012, during the first national census that allowed the publication in 2013 of the Catalog of the visual artists and profesionnels of the visual arts in Benin, when we watched the creation blown away go out into the street, hiding in the courtyards, One could feel this ebullition that Arttistik Afrika, l’Institut culturel français, l’Espace Tchif, la Fondation Zinsou, Kulturforum Nord-Sud, la Médiathèque des diasporas, Abap, Elowa, Fagplag, Ouadada and other cultural associations, accompanied. That two biennials Regard Bénin, MAVA (Museum of Activ life), the first Open Studio’s, Waba, le Centre Unik, the exchanges with ESA Clermont Ferrand, the Chinese culturel Center, the artists’ collaboration with la dilettante, Cotonou creative, have maintained. It continued through collaboration with the curatorial project of Galerie Vallois and the creation of Le Centre in Lobozounkpa in 2015, of Cotonou Creative in the residencies at ENSA Dijon, which the new INMAAC Arts Department, the prefiguration in 2016 in Porto Novo of an alternative art school, l’école de Hogbonu, in the opening towards African creation of Fresnoy, the contemporary art studio of Tourcoing, in the partnership between theUniversity of Abomey Calavi and the University of Cergy Pontoise and the creation of new cultural centres. This repertory, frut of the census of 2020, integrates two hundred seven artists. Thirty four female artists. Self-taught, integrating the art training institute of the country or schools, some prestigious abroad, courageous, these female artists, explore new forms, raise their place in society, through painting, photography, performance, video, they initiate and direct structures, question identity, show, guess the places and myths from which they extract their substance. The society, the conditioning, the prejudices, the idea of a mission invested in women, maternity, domestic life makes this path complex and thorny, the opening isn’t not yer there… but it augurs well. Female, men, artists are continuously trained, with their peers in studios, schools, exchanges and residencies, have odd jobs that and fortunately they also continue to be self-taught. The past of the continent, of the country, always clashes but they focus on the future, redraw their environment. They seek to define their work, to name it, to refine their intentions, their approach and even if it means breaking with the comfort of habits, they try to understand it, renew it, change their mediums, mix them too without hesitation. The artists read Franz Fanon, Joseph Beuys, Jean Dubuffet, Cheikh Anta Diop, Paul Eluard, Bigara Diop, admire Picasso, Basquiat, Keith Harring, Andy Warhol, the first sculptors of Benin, Queen Tassi Hangbé, the Mino, (the Amazons), Béhanzin, Sankara, Mandela, Wole Soyinka, other young African artists inspire them, they trained with the Beninese masters, Joseph Kpobly, Fadairo, Magou, with Zinkpé, Charly d’Almeida… Some of them write, slam, are musicians. The vodun, immutable, framework for the constructions of the imaginary, so anchored in reality, often defines the rela-tionship to the sensitive universe, gives the tools of understanding, runs like a vein through the social body of which the artist takes the imprint including himself because mirror, soothsayer or oracle, it is a necessary part of this same body. The masks are still presents, available in wood, papiermâché, recycled plastic, rubber, the Egungun, Zangbeto, Gélédé, are transposed into paint. Their function to protect man, to soothe tensions in the community and keep its cohesion is also through the protection of the environment, masks become eco-friendly. Sculptures in wood but also in iron, welded, twisted, wire, braided, bent, in plastic, in cans, materials of recuperation, which are burned, dressed, disguised, nailed, scarified, painted, veiled and unveiled, where the materials intersect, say the links, the addictions, transmit an aesthetic and a meaning of a world still present to the world still in shaping.The painting? Earth, pigments, colours, collages, a figurative that seeks itself, recomposes itself through materials, motifs, symbols, sometimes also abstract, only partitions of colours.The drawing present on the canvases, also in charcoal, pencil portraits, completes school notebooks, recreates urban utopias, and leads out serial metamorphoses.
The representation of the body, the nude most often hidden in timid sketches, hardly present in painting, arises in body painting, extends in photography. The female body is over-represented but some male bodiesmake a not so discreet appearance. The intimate is also, seldom, exposed, but when it reveals itself, it does so courageously, Photography is matter, is one with the walls, with the earth, takes cults as a bulwark for vulnerability. Staging, documentary, reportage, it is reworked, one add colors, one color to sublimate, to protect, one use black and white also to disturb. Sto-rytelling, it retains the ancient rituals, fixes the contemporaries, is a tool for comparison, transmision. Retains the memory, the lost gestures, the daily, is active, involves the public, is material for collages, witness of an era or a city on old prints, install a legacy. The installations draw from archetypes, point out flaws, point out new idols, give tools to rethink society, kinds of instances that analyze, question rituals, politics, leaving the verdict to the public. Artists become ethnographers, ethnologists, anthropologists,sociologists, they question language, draw inspiration from tales, reinterpret history.Questions colonialism, post-colonialism, otherness, traces and imprints, power relations, clichés from here and elsewhere, traces of domination, The performance denounces violence against women, violence that degrades the environment, violence of politics, corrup-tion, erases the names attached to power, it is also a tool for revaluing ancestral knowledge replaced by industries, valori-zing old traditions, reconstructing customs, costumes, the quest for identity.here and elsewhere.The crafts of old Dahomean court traditions, hanging, bas-reliefs, recades inspire, they are revisited by pop art, by digital, reinvented… Committed, artists intervene in prisons, organize painting workshops, storytelling workshops, create activity centres for children, and for the vulnerable. Art as therapy They are their own agents, gallery owners, event creators. They are teachers, pioneers, talent scouts t is essential to arouse the interest of the public. Artists circulate, their creations travel and contemporary art in Benin is gaining more and more recognition. It is present at the biennials, Johannesburg, Havana, Sao Paolo, Shanghai, Venice, in fairs, London, 1-54, Paris Art Fair, FIAC, AKAA in Paris, Montresso in Marrakech, in museums in Brazil, United States, Germa-ny, Finland, Sweden, Japan … Galleries on 4 continents, too many to mention.Admittedly, the techniques and especially the intentions of some are still uncertain and then, as everywhere, being an artist remains an alternative economy. Artists studios are rare, as are trips outside the continent, visas are not always granted, cultural funding, as everywhere, is meagre. Materials are expensive, the disparities with the countries of the North, especial-ly in regard to new technologies, of digital arts, remain significant, the condition of the artist is not a sinecure… It remains to reflect on the art market and its stakes, on the possibilities of alternative economies that do not subject the artist to the market demand, on a responsible way of creating, without adding objects to the world but why not remove in a gesture that can be derisory but symbolic, to privilege direct intervention, actions, involve the population without making it a public… About the writing of an African art history that sets its own codes. On art media libraries, on an alternative pedagogy…. I think at Piero Manzoni who in 1960 wrote his text Libera dimensione : It is not a question of shaping things, nor of articulating messages’, for ultimately, ‘every discipline carries within itself the elements of its solution…Expression, fantasizing and abstraction (are) empty fictions…There is nothing to be said: there is only to be, to live.In the multitude of works that are obviously not all of them – it is an imprint of the current global visual landscape that we wanted to highlight – we note some surprising appearances, innovative, accomplished, sensitive work, qualities that are not always accompanied by a clearly formulated approach, personalities who assert themselves through elaborate approaches whose work is struggling to keep pace. Their fusion raises a thrill.This urgency to be, to grasp, which like an aura marks the presence of the artist, I have called it state of emergency Thrill also in front of a few clumsy sentences that express in a few words, simple, the years of learning, working, becoming oneself, of an artist-artisan who lives far from the cities, in a certainly green and beautiful countryside where life is certainly not really easy but who lives his time by doing what he does so well and participates by a necessary work of the spiritual life of his community. State of emergency when the child forbidden to create who perceived the sky as a mysterious montage of colours devotes himself forty years later to build a universe from scratch. The graphic design belongs, like the previous one, to Sarah Dugrip, who, playing with the constraints of space, has skillfully taken up and transposed the artists’ work with the invaluable, unavoidable collaboration of Bernadine Eclou, who has very provided a long and patient work, in this book which, dense and representative, remains simple to leaf through. The translation in English by Eugen Sergiu Mîrza is the fruit of a fine and meticulous work that has relied on the cheerful contribution of Ilinca Lou Badoi. The attentive, necessary proofreading is the work of Jacques Malgorn. Culture at work Africa, European Union, the Benin Ministry of Culture, made this edtion possible. We would like to thank them. A hundred days with the artists of Benin to rediscover and discover their work, to search for their intentions, to guess their voices, tom imagine their constraints, to accompany them in the places where they grew up or dreamed, to learn sometimes the number of their children, the original myth of their first drawings… A compatriote, dear to my heart, Constantin Brâncusi, used to say: What really makes sense in art is joy. You don’t need to understand. What you see makes you happy? It’s all there. I didn’t always understand, I kept joy…

Fabiola Badoi
la dilettante, initiatrice de l’école de Hogbonu à
Porto-Novo, Bénin. Roumaine, elle vit et travaille à Paris.

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