Quand le Front Enapkami et l’ABAP FOUR P célèbre le corps.

Quand le Front Enapkami et l’ABAP FOUR P célèbre le corps.

Les 3, 4 et 5 mai 2017, l’Université d’Abomey-Calavi a accueilli un colloque international ayant pour thème : « Représentations/perceptions du corps en arts, littérature et société en Afrique francophone ». Colloque initié par l’institut national des métiers d’arts, d’archéologie et de culture, le département des lettres modernes, et quelques organisations culturelles notamment Labo Théâtre, Labrelif et Labo Aziza. C’est en prélude à cette conférence internationale que le Front Enapkami et l’Association Béninoise des Arts Plastiques Four P - par le truchement de son Coordonnateur Général, Monsieur FADOHAN Bidossessi Ghislain- ont organisé sur l’esplanade de l’Amphithéâtre Houdégbé, transformé à ce effet en un village artistique, un workshop qui s’est intéressé à la question de la notion du corps en arts visuels : visées artistiques et langage pluriel. Ainsi deux sculpteurs, huit peintres et un installateur ont-ils courant la journée du 3 mai 2017, performé, en laissant libre cours à leur créativité eu égard à la notion du corps. Partie matérielle des êtres animés, organisme humain, élément anatomique, le corps a été peint, sculpté et mis en valeur dans une installation.

Verckys, Nus dansants au clair de lune, 2017, acrylique sur toile, 70×100, Espace Bénin Arts Visuels.

Dans ses Nus dansants au clair de lune, Verckys met en scène, dans une composition triangulaire, deux silhouettes qui semblent être d’essence ‘’féminine’’ puisqu’il pense que : « le corps de la femme est une véritable œuvre d’art façonnée par le créateur pour les artistes et autres poètes... que d’après les études exotériques tout homme cache une femme en lui, qui tire les ficelles dans son comportement en coulisse ». Jouant à un exerce d’équilibrisme, l’une de couleur rouge feu soutient le fessier de l’autre, couleur bleue eau. Aussi les deux corps ont-ils été épris dans une danse au clair d’une lune verte -source d’une moindre espérance-, une transe qui laissait éparpiller leurs perles, ces dernières formant d’emblée autour d’eux un tourbillon de couleurs. Néanmoins via ces deux corps, ces deux silhouettes ‘’féminines’’, cette citation de l’image trompeur cher à un René Magritte, Verckys semble parler d’une et même personne : la personnalité du feu et celle du froid émanant du corps humain, son Moi intérieur. L’excès de l’un ou de l’autre, rend le corps humain trop froid ou trop belliqueux. Ceci explique l’équilibre parfait entre le chaud et le froid, le vif et le flegme...

Ulrich GBAGUIDI, Moi, être intérieur, 2017, techniques mixtes, 58×58, Espace Bénin Arts Visuels.

Des personnages oscillants, débout les eux derrière les autres. Les feuilles publiques représentants des corps mouvants. En effet, Ulrich GBAGUIDI cherche à déceler le comportement des humains à travers leurs mimiques. Le comportement est le seul caractère qui nous détermine. Il est facile à l’être humain de mentir à sa son semblable. Mais la lecture du comportement trahit incontestablement la pensée (l’on peut se permettre de dire une chose verbalement tandis que notre gestuel serait entrain de dire le contraire). Ces micros expressions qui se cachent derrière nos actes sont universels. Et il est important de savoir faire la part des choses. C’est ainsi que Diderot affirmait que : « le comportement parfois est aussi sublime que le mot ».

FADOHAN, Réussite de Binta, 2015, sculpture par assemblage, 1,60×30×40, Espace Bénin Arts Visuels.

Elle s’élève telle une stèle, blanche, pure, ornée de cauris –coquillage qui servit de monnaie notamment en Afrique, de médium dans l’art traditionnel africain, il symbolise également le sexe féminin dans certaines sociétés africaines- vierge, les bras levés. Une forme féminine semble s’en dégager, avec des tresses sur ce qui se trouve être une tête. C’est Binta. Symbole de la femme africaine, son corps est recouvert par endroit de bosses, preuves desdifficultés et ou épreuves qu’elle aurait traversées. Les trous sur son visage, la force de l’âge. Par ailleurs, Binta leva ses bras, en signe de triomphe, de réussite, d’accomplissement malgré les péripéties de la vie. FADOHAN dira à cet effet que : « pour réussir, la femme africaine devra compter sur sa tête, son intelligence et ses bras ».